Coaching Préparation mentale et développement personnel

Comment faire le deuil du décès de Kobe Bryant ? (Les différentes étapes du deuil)

29/01/2020

Comme beaucoup de fans de basket qui sont tombés amoureux de ce sport à la fin des années 1990/début 2000, j’ai été extrêmement touché et attristé par le décès de Kobe Bryant (et évidemment des 8 autres victimes dont sa fille de 13 ans Gianna), qui était pour nous un exemple, un mentor, un grand frère. Comme beaucoup de fans de Kobe et ses proches, je traverse une période douloureuse, inévitable mais nécessaire appelée le deuil.

Lors de ma formation de coach professionnel, j’ai justement décortiqué ce qu’était le deuil et aussi appris à guider les personnes qui traversaient cette période. Je vous propose donc d’explorer cette notion à travers ma propre expérience et en vous expliquant ses différentes étapes. Je vous donnerai aussi des pistes pour mieux vivre ce deuil.

Les différentes étapes du deuil

Le deuil c’est quoi ? C’est tout simplement un processus psychique qui se déclenche après un changement brutal non désiré et souvent lié à une perte. Exemples : une séparation, un décès, un licenciement, une mutation, une grave blessure type rupture d’un des ligaments croisés.

Ce changement brutal ou ce choc va donc déclencher une multitude de réactions où diverses émotions vont se mêler. Ce sont les fameuses différentes étapes du deuil qui peuvent se décomposer en 5 voire 7 étapes selon les cas. Je vous propose donc de les analyser.

Étape 1 : le déni

“Ce dimanche soir s’annonçait parfait. Je dinais au restaurant avec ma femme. Le repas était excellent et je passais un agréable moment. Juste avant de passer au dessert, je décide de prendre mon téléphone portable pour me renseigner sur le score du match entre le Losc et le PSG. En allumant le téléphone, je lis brièvement un message provenant d’un groupe WhatsApp. “Kobe… bordel.” Je suis confus. J’ai liké un post Twitter de Kobe Bryant il y a à peine quelques heures. Il ne peut pas être mort, il doit s’agir d’autre chose. Bref, je ne comprends pas ou je feins de ne pas comprendre. Pour avoir le coeur net, je décide de taper le nom de Kobe Bryant dans la barre de recherche de Google et là, je découvre les articles qui font état de sa mort accidentelle. J’éteins mon portable et j’annonce à ma femme que Kobe est mort. Je suis abasourdi mais je n’y crois pas vraiment en fait. Je change immédiatement de sujet et je profite de la fin du repas. Mais ma tête est un peu ailleurs.”

Comme vous venez de le voir, la première étape du deuil est le déni. Le choc est tellement brutal et inattendu que l’on ne veut pas y croire. À ce moment-là, la réalité est encore impossible à envisager. Pour avoir lu et vu plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux ces dernières heures, je sais que beaucoup de fans de Kobe ont eu une réaction similaire à la mienne. Et c’est normal. Le déni est une manière de se protéger d’un afflux d’émotions trop important. C’est pour ça qu’on fait semblant de ne pas y croire, ni de comprendre, ni d’écouter. Dans notre tête, la situation est fausse ou n’existe pas car on ne veut pas vivre ça.

Étape 2 : la douleur

“En quittant le restaurant, je commence à réaliser que la nouvelle est bien vraie : Kobe Bryant est mort. Je n’ai que ça en tête et j’essaye de comprendre. Une fois chez moi, je souhaite en savoir plus. Je mets Bein Sport et je vois la mine déconfite de Rémi Reverchon, le présentateur. Ça me fait mal au coeur, je commence vraiment à ressentir de la tristesse et réaliser que Kobe n’est plus de ce monde. Je commence à me poser des questions. Dois-je partager ma tristesse sur mes réseaux sociaux. Dans un premier temps, je me dis que non. Pourquoi le faire ? C’est trop personnel pour être partagé. Puis je repense à ce mois d’octobre 2017, où Kobe était de passage à Paris. J’avais reçu une invitation de la part de son équipementier Nike pour le rencontrer lors d’un événement de presse. J’aurais enfin pu le remercier de vive voix de m’avoir inspiré et fait de moi le travailleur acharné et le compétiteur qui n’a peur de rien que je suis. Sauf que j’étais en vacances à New-York à ce moment-là et que je ne pouvais pas assister à cet événement. Je commençais à avoir des regrets voire des remords. C’était ma chance de le rencontrer et de le remercier de vive voix mais elle était passée et elle ne se reproduira plus jamais. J’ai donc décidé de faire un post sur mon compte Instagram pour le remercier de manière publique.”

Cette deuxième étape, qui n’est pas systématique, est appelée la phase de “douleur et de culpabilité”. Comme son nom l’indique, on commence petit à petit à réaliser que le changement est réel et on commence aussi à ressentir de la tristesse. Ce sentiment est souvent suivi par de la culpabilité voire des remords. On repense à toutes les choses qu’on aurait dû faire avant la perte et on se sent parfois coupable ou responsable de la situation.

Étape 3 : la colère

“Après une nuit très perturbée, je décide de me renseigner davantage sur les circonstances de l’accident d’hélicoptère ayant provoqué la mort de Kobe Bryant. Je découvre que la fille de Kobe, Gianna, faisait bien partie des victimes comme d’autres enfants et parents, et j’apprends que les conditions météorologiques n’étaient pas optimales ce dimanche à Los Angeles. La première réflexion qui me vient à l’esprit c’est : Mais pourquoi avoir forcé en prenant l’hélicoptère dans ces conditions. C’est du suicide ! Quel con ! Quel gâchis ! Puis je réfléchis et je me souviens que la troisième étape du deuil est la colère.”

Lors de cette troisième étape, on cherche un responsable, un coupable à la situation pour évacuer notre tristesse, notre frustration et parfois même pour nous rassurer en nous déresponsabilisant. Désigner un coupable devient un exutoire. Il est important de savoir maîtriser sa colère dans ces moments-là pour ne pas aggraver la situation, tout en essayant de comprendre les raisons de cette émotion.

Étape 4 : la négociation

“Lundi matin, en me rendant au bureau, je n’ai pas vraiment le coeur à me mettre au boulot. Sur mon trajet, j’écoute des interviews de Kobe Bryant. J’ai besoin d’entendre sa voix. De faire comme si il n’était pas parti. Ça me fait du bien. À ma pause du midi, je regarde des highlights de lui, je revis des moments de bonheur et replonge dans mon adolescence. Pendant quelques instants, il est plus que jamais vivant !”

Cette quatrième étape est délicate. On a bien compris que la situation est réelle mais on essaye de s’accrocher et de garder espoir. La réalité est si dure à accepter que l’on tente irrationnellement de faire comme si la personne qui nous a quittée était encore là. On négocie avec nous-même afin d’éviter ou de repousser la prochaine étape qui demeure la plus douloureuse.

Étape 5 : la dépression ou tristesse

“En rentrant chez moi ce lundi soir, je ne peux m’empêcher de regarder une nouvelle fois des vidéos de Kobe Bryant. Et dans une des vidéos que je regarde, je remarque plusieurs mimiques de Kobe qui sont aussi les miennes et que j’ai copiées. Sa façon de se frapper le torse après une grosse action ou de serrer vigoureusement le poing après un tir décisif. Ces images me frappent. Je réalise que je lui dois beaucoup plus que je ne le pense. Il a déteint sur moi. Avec sa mort, je réalise que j’ai perdu une partie de moi. Alors que je n’avais pas versé une larme depuis que j’avais appris la nouvelle de son décès, j’éclate tout d’un coup en sanglots dans les bras de ma femme en lui disant : J’ai perdu une partie de moi. En réalité, je lui dois énormément de choses.”

La phase de dépression ou de tristesse est clairement la plus difficile à traverser car à ce moment-là, on comprend définitivement que la perte est réelle et que l’on ne pourra rien y faire pour y remédier. C’est généralement la phase où l’on est dévasté et où rien n’a de sens. Notre motivation est à zéro. On est passif et on ne voit aucune issue pour évacuer notre tristesse. Cette phase peut durer plus ou moins longtemps. Pour ma part, elle n’a duré que quelques secondes mais dans certains cas, la phase de dépression peut se prolonger très longtemps (des années). Dans ces cas-là, consulter un spécialiste (coach, psychologue) est plus que recommandé.

Étape 6 : L’acceptation

“Juste après avoir versé mes larmes, je me ressaisis en me rappelant que j’ai un coaching qui m’attend dans 30 minutes avec un client motivé qui a des objectifs élevés et qui compte sur moi. Je me dis que je suis fort mentalement et que Kobe aurait sans aucun doute chaussé ses baskets et jouer son match dans une situation similaire. Kobe est décédé et il ne reviendra pas. Me rendre à mon coaching en donnant le meilleur de moi-même est la meilleure chose à faire pour lui rendre hommage . “

L’acceptation est une étape clé pour repartir de l’avant. Après avoir accusé le coup, on est enfin prêt à accepter la réalité de la situation et à avancer. On peut commencer à “revivre”, à se reconstruire et à entreprendre de nouvelles choses. C’est une phase où l’on sent souvent un regain d’énergie et une nouvelle motivation.

Étape 7 : la reconstruction

“Je me rends à mon coaching et tout se passe bien. Ma vie a déjà repris son cours. Le lendemain, je me lève de bonne heure pour me rendre au travail. Sur le chemin, j’écoute un podcast de foot et au cours de la journée, je prépare le plateau d’une nouvelle émission que je vais présenter. Bien sûr, Kobe reste dans mon coeur (et son visage est le fond d’écran de mon téléphone portable). Je sais qu’il n’est plus là mais la vie continue. Je me sens déterminé comme jamais pour réussir tout ce que j’entreprends. Parce que la Mamba Mentality, je l’ai depuis des années et la mort de Kobe me rappelle ô combien il est important que je la perpétue pour inspirer à mon tour la nouvelle génération. À mon humble échelle.”

La dernière étape est donc la phase de reconstruction. On se met complètement en action afin de passer à autre chose. On trouve des solutions et des moyens pour sortir de sa peine. On avance. Le deuil est fait.

Comprendre le deuil pour mieux le vivre

À travers ma propre expérience et mes explications, j’espère que vous avez compris que le deuil et ses différentes phases étaient inévitables et même nécessaires après un choc. Dans mon cas, les différentes étapes du deuil ont été vécues très rapidement mais pour d’autres, chaque étape peut (ou certaines étapes peuvent) prendre des mois voire des années. Pour mieux les traverser, il est primordial de bien les comprendre et de déculpabiliser. Donc rassurez-vous, c’est normal de ressentir à la fois de la colère, de la tristesse, de la culpabilité durant un deuil. C’est aussi normal de ressasser les mêmes choses pendant des heures voire des jours voire des années. Les clés pour mieux appréhender chaque étape du deuil, c’est :

  1. de toujours se questionner. “Pourquoi je ressens ça ? Pourquoi je me dis ça ? Pourquoi je fais ça ? Qu’est-ce que ça me fait de penser ça ? De faire ça ? Suis-je vraiment responsable de cette situation ? Qu’est-ce que je peux vraiment faire pour changer la situation ? Est-ce que je peux vraiment changer cette situation ? Pourquoi je suis en colère ? Pourquoi je suis triste ? Pourquoi je culpabilise ?” Répondre à ces questions, ne serait-ce qu’intérieurement, vous aidera à mieux comprendre vos émotions et à mieux appréhender votre deuil.
  2. de se confier. Durant un deuil, il est très primordial de pouvoir se confier soit à un professionnel soit à un proche. Il est important que l’on vous écoute (sans forcément que l’on vous donne des conseils) durant cette phase. Que vous puissiez exprimer et extérioriser ce que vous ressentez. Cela peut aussi se faire à travers le dessin, l’écriture, le chant, le sport. Si jamais la douleur est trop forte, je ne peux que vous conseiller d’aller consulter un spécialiste et n’oubliez pas que l’isolement prolongé et la pire chose à faire durant un deuil.
  3. de prendre du recul et de remettre les choses en perspective. Durant un deuil, il est aussi indispensable de se poser ce genre de questions : “À ma mort, comment j’aimerais que mes proches réagissent ? Voudrais-je qu’ils dépriment, qu’ils soient tristes jusqu’à la fin de leurs jours ou voudrais-je qu’ils rebondissent, qu’ils soient heureux et qu’ils profitent de la vie ?” Prendre du recul est nécessaire même si c’est parfois difficile à faire. C’est pour ça qu’il est important de ne pas s’isoler trop longtemps durant un deuil et qu’il faut essayer de regarder son problème à travers différents angles de vue.

À tous les fans de Kobe Bryant et plus généralement à tous ceux qui vivent actuellement un deuil, je vous souhaite beaucoup de courage dans cette période difficile. Mais retenez bien que le deuil n’est pas un ennemi mais votre allié et qu’il s’agit d’une période nécessaire afin de se reconstruire.

Soyez forts ! C’est ça, la Mamba Mentality. C’est ce que Kobe nous a légué !

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