Mes articles Préparation mentale et développement personnel

C’est quoi le mental ?

13/03/2019

Je lis et j’entends beaucoup parler de mental depuis de nombreuses années sur les terrains, dans les débats, dans des articles de presse. Depuis toutes ces années, ce domaine à part et méconnu de la performance sportive et personnelle me passionne. C’est pourquoi j’ai décidé de me spécialiser dans le domaine et d’en faire mon métier. Présentation

” Les gars, on s’est fait bouffer. Dès qu’il y a un peu d’adversité, il n’y a plus personne. On n’a pas mental !” Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu ce genre de phrases dans un vestiaire de foot ou de basket. Quand on perd, quand on ne donne pas tout, quand on a été déstabilisé, et quand on n’a pas d’explications rationnelles tactiques, techniques ou physiques, il est commun d’aller accuser le mental… Mais justement, c’est quoi ce mental que posséderaient certains et d’autres non ?

Pour commencer, le mental est beaucoup complexe qu’il n’y paraît. Pour de nombreuses personnes, le mental se résume à ne pas baisser les bras. À rester digne en toute circonstance. Et pour ce faire, il faut être fort dans la tête. Donc pour beaucoup, le mental se résume à l’esprit, à l’aspect psychique (la pensée).

En réalité, le mental concerne aussi ce que l’on ressent. C’est ce que l’on appelle les états internes en PNL (comme une sensation de chaleur à l’intérieur de nous, les muscles qui se tendent, les épaules qui tombent, la tête qui paraît lourde, etc.)


L’un des dix présupposés de la PNL indique que le corps et l’esprit font partie d’un même système cybernétique. Pour faire plus simple, quand notre corps se tend et que nos muscles se contractent, nos pensées ont tendance à se tendre également. Et inversement. Le corps et l’esprit sont donc liés.

Pour contrôler son esprit, le langage du corps a une importance considérable. Donc si on se dit que l’on n’a pas la pression mais que notre corps est très tendu, c’est qu’il y a un problème et que l’on est certainement en train de se mentir.

Bon, c’est quoi le mental ?

Revenons au mental et sa définition. En réalité, le mental est un mélange de plusieurs éléments que je vais vous présenter :

1. Les croyances

Chaque être humain a une perception personnelle de la réalité. On perçoit tous le monde à travers nos propres filtres (culturels, personnels, neurologiques). Notre réalité est donc subjective si bien que de simples croyances deviennent des vérités absolues pour nous. Nous évoluons, nous grandissons donc avec un certain nombre de croyances, qui peuvent se renforcer ou se ramollir selon notre perception de la vie et nos aléas quotidiens.

Le problème c’est que certaines croyances nous bloquent, nous empêchent d’avancer. Il s’agit des croyances limitantes. Dans le sport, et même dans la vie, il m’est arrivé de croire que je n’étais pas capable de réaliser certaines choses. À vrai dire, j’ai souvent eu un niveau de performance très élevé à l’entraînement qui n’a pas toujours été exploité en match. J’en suis donc venu à me dire et à croire “que j’étais un joueur d’entraînement qui ne serait jamais bon en match”.

Ce qui était faux car j’ai déjà réalisé des matches proches de la perfection, en étant décisif. Mais quand on croit à quelque chose, il est parfois difficile de s’en défaire. Les sportifs de haut niveau n’échappent pas à ces croyances limitantes. Ils ont beau évoluer au meilleur niveau, il peut leur arriver de croire ardemment à certaines limites qui sont en réalité juste des croyances parmi tant d’autres.

Heureusement, nous avons aussi accès à des croyances ressources, qui elles vont nous convaincre que l’on est capable de réaliser des choses, de réussir. Quand on doute, il faut justement se baser sur des croyances ressources qui sont peut-être des “mensonges”, mais comme le sont nos limites.

AFP

Les sportifs catalogués comme “ayant du mental” ont tendance à puiser plus facilement et automatiquement dans leurs ressources tandis que ceux qui “n’auraient pas de mental” se focalisent plus sur leurs limites.

2. Nos expériences passées ou vécues

Ce qui influence le mental, c’est également les expériences que l’on a déjà vécues. En préparation mentale, on parle d’imagerie mentale tandis qu’en PNL, on utilise le terme association. En effet, nous avons la chance de bénéficier de la capacité de nous souvenir d’expériences passées. En s’associant pleinement à ces souvenirs, on peut ressentir, physiquement, les bienfaits ou les méfaits de ces expériences. Repensez à vos dernières vacances à la plage par exemple. Remémorez-vous les images du sable et la mer. Ressentez-vous la détente dans votre corps ?

Dans le cas du PSG en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions 2018/2019 , lorsque Manchester United a marqué son deuxième but, on peut aisément penser que le fantôme de la “Remontada” du Barça a refait surface dans la tête de certains joueurs, qui ont pu avoir l’impression de revivre une situation qu’ils avaient déjà connue et qui a pu les paralyser. Le schéma est le suivant : on repense à une expérience négative, le corps se tend et la peur rejaillit.

En coaching/préparation mentale, on va puiser dans les expériences agréables pour que le coaché ou le client se sente dans un état de totale confiance avec un langage corporel positif, qui va engendrer des pensées positives.

3. Les messages contraignants ou drivers

Le mental concerne aussi les messages contraignants que l’on appelle aussi drivers en coaching. Ces drivers sont des messages que l’on s’impose. Il s’agit de sorte d’obligation qui nous guide dans la vie. Les 5 drivers les plus récurrents sont : 1) sois parfait 2) sois fort 3) fais plaisir 4) fais un effort 5) dépêche toi.

Ces messages contraignants ne sont pas forcément négatifs. Par exemple, le sois parfait peut nous pousser à donner le meilleur de nous-même en toute circonstance. Mais à l’inverse, il peut contribuer à nous rendre éternellement insatisfait, à nous mettre une pression terrible sur les épaules et nous rendre malheureux.

Malgré leurs intentions positives, ces messages nécessitent une vraie réflexion et un questionnement de votre part. En coaching/préparation mentale, nous travaillons ces drivers en allant chercher des messages plus permissifs par moment. Il s’agit de s’accorder des moments de lâcher prise quand la pression est trop intense.

4. La gestion émotionnelle

Après la défaite du PSG contre Manchester United, en huitièmes de finale de Ligue des champions 2018/2019, beaucoup de spécialistes ont pointé du doigt “le manque de mental” des Parisiens. Seul un consultant, l’excellent Habib Beye, est allé plus en détails en parlant de la gestion émotionnelle pour expliquer la désillusion parisienne. Et il avait bien raison.

Thilo Kherer, Thiago Silva and Gianluigi Buffon of PSG looks dejected during the UEFA Champions League Round of 16 Second Leg match between Paris Saint Germain and Manchester United at Parc des Princes on March 6, 2019 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport)

Même si ça peut paraître bête, les émotions sont difficilement contrôlables pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’une réaction instinctive. Comment contrôlez-vous un instinct ? En réalité, le but n’est pas de contrôler ou de nier ses émotions, ce qui peut être dévastateur et mener à des excès quand ça pète (grosses colères démesurées, perte de contrôle, idées extrêmes, dépressions, etc.).

Le but est d’accueillir les émotions comme elles viennent et de les comprendre pour mieux les sentiments associés. Un sentiment est en quelque sorte une mentalisation d’une émotion ressentie (senti-mental).
Pour certains, la peur provoque un état d’anxiété, et une perte totale de ses moyens. Pour d’autres, la peur est juste un signal d’alarme pour se protéger et donner le meilleur de soi pour “survivre”.

C’est là qu’un joueur comme Michael Jordan était impressionnant. On pourrait croire que MJ n’avait jamais peur sur un terrain de basket. Ce qui n’est qu’en partie vrai. Sur les terrains, Michael Jordan était d’un sang froid hallucinant, non pas parce qu’il ne ressentait pas la peur, mais parce qu’il s’en servait pour donner le meilleur de lui-même chaque soir. Chaque match pour lui était de la “survie”. Michael Jordan déboulait sur les terrains avec le sentiment de mettre sa vie en jeu. Et c’est pour ça qu’il était aussi dominant.

D’autres joueurs vont percevoir la peur différemment. Pour eux, la peur mène forcément à la fin. À la mort pour grossir le trait. Ils perdent leurs moyens, leur envie de se battre car pour eux, c’est déjà terminé. Ils veulent se protéger à leur façon en se cachant, afin d’éviter “la sentence finale”. Et croyez-moi, même si ça paraît exagéré, c’est souvent ça qui est vraiment en jeu.

Un coach/préparateur mentale va donc aider son coaché, son client à mieux comprendre tout ce qui se cache derrière ses émotions (et ses sentiments attachés à ces mêmes émotions) pour qu’il trouve des solutions, des manières plus adaptées et plus saines de réagir à ses émotions.

5. L’estime de soi

Ça peut paraître évident ou basique mais l’estime de soi est un socle essentiel du mental. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une auto-estimation de soi comme on estimerait un appartement.

Dans le coaching, on considère que l’estime de soi est composé de trois piliers : l’amour de soi, la confiance en soi et l’image de soi. Pour avoir une bonne estime de soi, il faut que c’est trois piliers soient équilibrés.

Et dans le sport de haut niveau, surtout quand on est très médiatisé, avoir une bonne estime de soi est essentiel pour être performant, régulier et épanoui.

Imaginez un joueur qui n’a pas une bonne estime de lui. Après un mauvais match, il est fort possible que des critiques dans la presse et dans les réseaux sociaux fusent. Ces critiques sur sa prestation vont l’affecter au point où il risque de croire qu’elles sont vraies. Or, un comportement d’un jour ne vous définit pas. Un mauvais match ne fait pas forcément de vous un mauvais joueur.

Une personne avec une bonne estime d’elle va mieux gérer les critiques car elle va savoir ce qu’elle vaut quoi qu’il arrive. Et ce n’est pas des louanges ou des critiques négatives qui vont lui faire perdre le nord.

6. Notre capacité à créer ou anticiper des scénarios (notre esprit créatif)

Parmi nos dons, il y a celui de la création, de rêver. Nous avons la capacité d’imaginer des scénarios et y croire. Le problème c’est que ces projections futures peuvent aussi provoquer des désillusions (combien de supporteurs parisiens s’étaient déjà vu en demi-finale voire en finale de la Ligue des Champions après la victoire 2-0 au match aller à Manchester United).

Et dans le sport, quand on se focalise trop sur le futur (ou trop sur le passé) on perd la notion de moment présent et le match qui se joue nous échappe. En se situant soit avant soit après, on se déconnecte de la réalité et celle-ci peut vite devenir perturbante si elle ne colle pas au scénario que l’on avait imaginé.

La clé pour ne pas passer à côté d’un événement est de rester focalisé sur le moment présent.

Moralité ? On a tous un mental

À partir de ce que je viens de vous expliquer, vous réalisez bien que l’on a tous du mental car on possède tous la capacité (sauf pathologie) à croire des choses, à revivre des expériences pleinement, à nous dire des choses dans la tête, à ressentir des émotions, à avoir une estime de nous-même et à créer des scénarios.

Donc, quand on vous dit ou quand vous vous dites, que vous n’avez pas de mental : C’EST FAUX !

On a juste un mental qui peut nous bloquer par moment ou au contraire, qui peut nous pousser à réaliser des choses parfois incroyables. Le mental n’est pas quelque chose que l’on a ou que l’on n’a pas. Il s’agit d’un flux continu. Il se construit et se déconstruit continuellement. Et il est possible que ce flux soit parfois bloqué par nos limites.

Le travail d’un coach/préparateur mental c’est donc de vous amener à aller puiser dans vos ressources pour vous libérer des blocages. Car on a tous la capacité d’utiliser nos ressources pour réaliser et réussir des grandes choses sur un terrain de sport ou dans la vie.

Mais on vous a vendu depuis des années une image du champion, fort, qui ne doute jamais. Et vous rêvez certainement d’être ce champion, d’être le numéro 1 ou redoutez peut-être de ne pas l’être. En réalité, cette image du champion a été créée de toutes pièces par les publicitaires ou les journalistes. On a tous un potentiel de champion et contrairement à ce que certains veulent véhiculer, on peut tous être des champions de nos vies.

C’est quoi un coach/préparateur mental ?

Un coach/préparateur mental, ce n’est donc pas un magicien ou un vendeur de rêve. Son but n’est pas de faire de vous des machines de guerre coupées de toute émotion. Non, le métier d’un coach/préparateur mental consiste à vous accompagner à questionner vos croyances limitantes, vos messages contraignants et à aller chercher vos ressources, que vous possédez déjà en vous mais dont vous ne vous appuyez peut-être pas assez mais aussi à vous aider à mieux vous connaître, à mieux vous comprendre pour finalement être en paix avec vous-même.

Si un coach/préparateur mental vous garantit que vous allez devenir le plus beau (ou la plus belle) et le plus fort (forte) grâce à lui, c’est qu’il a une conception différente du métier. Un coach est censé vous rendre autonome. Vous ne devez pas dépendre de lui et c’est pourquoi je ne travaille généralement pas plus d’un an avec un athlète (sauf si besoin, évidemment).

On touche à la fin de cet article. S’il vous a plu, vous avez la barre de commentaires pour le signaler. Et si vous avez des questions, voici mon adresse e-mail : contact@fredericyang.fr.

Et que je ne vous entende plus dire que vous n’avez pas de mental !

3 Comments

  • Reply
    levan sache
    25/11/2020 at 18:52

    Un article bien construit et avec une vrai science du langage . Rare sont les articles qui traite de ce Thème . Ou le traite correctement … On en apprend beaucoup grâce à Frédéric Yang 🙂

  • Reply
    Le mythe du coach providentiel (une arnaque qui a assez duré)
    04/03/2021 at 19:16

    […] en tant que coach mental, je m’astreins à prendre du recul et à être mesuré. Bien sûr que les succès personnels […]

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